AMBIVALENCES

Les légendes de l’humanité

Je me suis appuyée sur la Mythologie Grecque pour décrire picturalement les passions ambivalentes et intemporelles qui animent les Femmes et les Hommes depuis toujours.

Ces mythes représentent les expériences archétypales de la vie humaine. La mythologie Grecque est un système descriptif de l’âme qui a la particularité d’être extrêmement complexe, complet, imagé et toujours actuel. Elle décrit des personnages ambivalents dans leurs rapports à eux même, aux autres et à leur environnement.

J’ai choisi le format carré car « il symbolise l’arrêt ou l’instant prélevé. Il implique une idée de stagnation, de solidification voire de stabilisation dans la perfection » (*). Cette unité de forme délimite le temps et l’espace et instaure l’équilibre de mes photographies. Elle fixe l’état éphémère de l’image latente rendant l’instant intemporel et éternel.

J’ai souhaité partager la vision que j’ai de chacun de ces Mythes par une composition de neuf photos car dans la mythologie Grecque, le nombre neuf à une valeur rituelle. Déméter parcourt le monde pendant neuf jours à la recherche de sa fille Perséphone ; Letô souffre pendant neuf jours et neuf nuits les douleurs de l’enfantement ; les neuf Muses sont nées de Zeus, lors de neuf nuits d’amour. Neuf semble être la mesure des gestations, des recherches fructueuses et symbolise le couronnement des efforts, l’achèvement d’une création.

Le choix du sépia, les contrastes forts, la texture de la peau et les postures des protagonistes et l’environnement viennent renforcer cette notion d’intemporalité et font écho aux statues antiques grecques. 

 

Justine DARMON

Hermaphrodite et Salmacis

« Hermaphrodite se débat, et résiste, et refuse. La Nymphe s'attache à lui, redouble ses efforts, le presse, et s'écrie : "Tu te défends en vain, ingrat ! tu n'échapperas pas. Dieux, daignez l'ordonner ainsi ! que rien ne me sépare de lui, que rien ne le détache de moi !" Les dieux ont exaucé sa prière. Au même instant, sous une seule tête, les deux corps se sont unis. Tels deux jeunes rameaux, liés l'un à l'autre, croissent sous la même écorce, et ne font qu'une tige. Hermaphrodite et la Nymphe ne sont plus ni l'un ni l'autre, et sont les deux ensembles. Ils paraissent avoir les deux sexes et ils n'en ont aucun. »

 

Ovide, Les Métamorphoses - Hermaphrodite (IV, 285-415)

Psyche et Eros

« […] mais déjà l'époux mystérieux est entré, il a pris place, et Psyché est devenue sa femme. Aux premiers rayons du jour il a disparu. [..] Le temps s'écoule cependant, et chaque nuit ramène la même scène […] il lui interdit à plusieurs reprises, et sous les plus terribles conséquences, de jamais chercher à voir sa figure [...] je t'aime, qui que tu sois ; oui, je t'aime plus que ma vie.»

APULEE, Métamorphoses - Le conte d'Amour et de Psyché (V, 1, 1 - 6, 10)

Perséphone ( Proserpine)

« En traversant ces routes obscures et voisines, des gouffres du Styx, j'ai vu Proserpine. La tristesse et l'effroi sont encore empreints sur son visage ; mais elle règne dans l'empire des ombres, mais elle est la puissante épouse du roi des Enfers." »

Ovide, Les métamorphoses - Cyané (V, 409-532)

Orphée

 

« Orphée […] la reçoit sous cette condition qu'il soit sorti des vallées de l'Averne ; sinon, cette faveur sera rendue vaine. […] Ils n'étaient plus éloignés, la limite franchie, de fouler la surface de la terre ; Orphée, tremblant qu'Eurydice ne disparût et avide de la contempler, tourna, entraîné par l'amour, les yeux vers elle ; aussitôt elle recula, et la malheureuse, tendant les bras, s'efforçant d'être retenue par lui, de le retenir, ne saisit que l'air inconsistant. »

 

Ovide, Métamorphoses (X)

Hécate

« Vous invoquerez ensuite la fille unique de Persée, la puissante Hécate, en faisant en son honneur des libations de miel. »

 

Les Argonautiques, d’Apollonios de Rhodes Chant III (3e siècle av. J.-C).

Hadès

« Il est un chemin enfoncé, bordé d'ifs funèbres, où règne un vaste silence, une ténébreuse horreur ; il conduit aux Enfers »

 Ovide , Les Metamorphoses-Les enfers (IV, 432-463)

Médée

Une femme d'ordinaire est pleine de crainte, lâche au combat et à la vue du fer ; mais quand on attente aux droits de sa couche, il n'y a pas d'âme plus altérée de sang. »

 

Médée, Euripide, tragédie grecque produite en 431 av. J.-C.

Ariane

« Car j'ai trahi mon père, j'ai trahi le royaume soumis à son sceptre équitable, j'ai manqué à ces deux noms si chers, le jour où, pour te soustraire à la mort qui eût suivi ta victoire dans l'enceinte aux mille détours, je te donnai pour guide un fil que devaient suivre tes pas. Tu me disais alors : "J'en jure par ces périls mêmes, tu seras à moi tant que nous vivrons l'un et l'autre." Nous vivons, et je ne suis pas à toi, Thésée »

Héroïdes, X 

Pan

« C'est là qu'au son de ses pipeaux légers, Pan attire les nymphes d'alentour, et par ses chants rustiques amuse leurs loisirs. Il ose préférer ses pipeaux à la lyre. Il défie Apollon, et le dieu du mont est pris pour juge de ce combat inégal. »

 

Ovide , Les métamorphoses - Les oreilles de Midas (XI, 146-193)

Atlas

« Vois Atlas qui souffre lui aussi et soutient à peine sur ses épaules l'axe incandescent du monde. »

 

Ovide, Les métamorphoses Livre II, 295

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© 2016 par JUSTINE DARMON. 

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